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Mörschwil SG1. Dezember 2002

m Mitteilungsblatt veröffentlicht "Die Gemeindeverwaltung" einen Aufruf zur Denunziation der in der Gemeinde lebenden Asylbewerbern: "Wir sind sehr daran interessiert, dass sich die Asyl Suchenden, welche in unserer Gemeinde wohnen, korrekt verhalten. Ist das nicht der Fall, bitten wir die Bevölkerung, die Gemeindeverwaltung oder allenfalls die Polizeistation Goldach zu informieren. Dies erlaubt uns, zu intervenieren und erforderliche Massnahmen einzuleiten."
In einem Editorial schreibt Madeleine Schürch einige Zeit später in der Tageszeitung "24heures": "Appeler les citoyens à la délation, ce n'est pas tout à fait nouveau en Suisse. On connaît depuis des années sur la chaîne alémanique cette émission qui demande aux téléspectateurs allemands, autrichiens et suisses d'aider des commissaires de police à résoudre de sombres affaires de crimes. Récemment, les Tessinois ont eux aussi passé par ce canal pour faire avancer l'enquête sur l'assassinat de la femme d'un douanier, égorgée à son domicile. Plus proche de chez nous, la police vaudoise, à titre de prévention des cambriolages, a mis en place depuis belle lurette dans des quartiers résidentiels un système de surveillance entre voisins, chargés d'épier ce qui se passe au-delà des haies de thuyas.
A Mörschwil, dans le canton de Saint-Gall, on a inventé encore pire. En appelant les citoyens du village à dénoncer "les comportements douteux" d'une catégorie bien ciblée de la population, en l'occurrence des requérants d'asile pour l'essentiel africains, les autorités locales ont franchi un pas intolérable vers la discrimination légalisée. Ainsi, les citoyens bons teints sont invités à signaler des comportements incorrects de ce petit groupe déjà marginalisé. Encore faudrait-il déterminer ce qu'est un "comportement correct" dans ce climat de méfiance institutionnalisé. Va-t-on dénoncer un requérant qui parle trop fort au bistrot ou qui traîne trop près de l'école?
Cet appel à la délation a bien sûr suscité un tollé dans la presse, mais contrairement à la mesure de Meilen, commune zurichoise qui avait décrété des zones interdites aux requérants d'asile, il n'a pas provoqué de remise à l'ordre du canton. C'est cela qui est inquiétant. Faudra-t-il attendre que quelqu?un porte plainte pour violation de l'article constitutionnel sur le racisme pour terrasser ce genre d'initiative malsaine?" (24heures, 23.12.2002)